Des militants Force Ouvrière de la Loire

Nous ne sommes pas des partenaires sociaux

dimanche 17 janvier 2010 par Denis RIVIER

Pour continuer à aller de l’avant, il convient de faire le bilan de ce que nous avons fait depuis le dernier congrès de l’UD et de voir comment les problèmes se posent à nous.

La loi de modernisation du marché du travail.

Cette loi comprenait plusieurs dispositions contestés. La plus emblématique, celle que réclamait le MEDEF depuis des années, la rupture du contrat de travail par « consentement mutuel ». Cette disposition a connu un succès foudroyant. Parmi les raisons que nous avions donné pour ne pas signer cet accord, c’était le fait que cette disposition serait utilisée par le patronat pour contourner les obligations des licenciements économiques. Avec cette période de crise économique, de licenciement, etc… ce nouveau mode de rupture du contrat de travail s’est substitué, souvent, au licenciement économique. Cela était prévisible, cela avait été annoncé et nous déplorons que notre Confédération se soit associé à cet accord.

La loi sur la « démocratie sociale »

La négociation sur la démocratie sociale a été une négociation menée dans l’obscurité. Ce qui est arrivé, le Yalta CGT-MEDEF-CFDT est le bilan d’une orientation qui a privilégié pendant longtemps l’utilisation des tribunaux contre les syndicats nouveaux plutôt que d’essayer de voir pourquoi ces nouveaux syndicats apparaissaient.

L’accord signé, et nous avons eu raison de ne pas le signer, et nos arguments étaient corrects, il n’y a pas eu de campagne pour faire pression sur les organisations de base des syndicats signataires pour obtenir de la CGT et du pseudo-syndicat qu’est la CFDT, de changer de position.

Plus grave, fin juin, le gouvernement demande l’urgence sur le vote de la loi qui « met en musique » cet accord avec, cerise sur le gâteau, une dégradation de la situation des salariés forfaités. Nous n’avons rien fait pendant un mois alors que tout le monde savait que l’affaire serait pliée fin juillet. Le mauvais argument avancé, était « tu sais camarade, il est très difficile de faire quelque chose pendant les vacances ». On ne peut pas avoir ce discours et expliquer dans les stages que nous faisons pour nos militants : « que celui qui n’a rien fait est déjà battu ! ».

Le G8 Syndical et les journées d’action

Il y a eu le G8 syndical. Des communiqués et des journées d’action. Les deux premières journées d’action se sont passées dans un relatif enthousiasme. Il n’y avait pas d’appel à la grève, mais les salariés pensaient que ce n’était que deux tours de chauffe. Ils ont été déçus et l’ont montré jusqu’à ce calamiteux samedi de juin.

La loi sur le « travail du dimanche »

Pour la loi sur le « travail du dimanche », nous n’avons rien fait. Et je pense que je ne suis pas le seul à le dire. Faire confiance aux sénateurs ou au Conseil Constitutionnel pour défendre les salariés, c’est comme confier ses économies à Madoff . C’était là peut-être, une occasion, un sujet concret pour que le G8 Syndical serve à quelque chose.

Tirer un bilan

Un Conseil syndical, c’est pour tirer un bilan à mi-parcours. Il n’est pas fameux, autant pour la ligne de notre Confédération que pour celle de notre UD.

Il est temps d’arrêter avec un syndicalisme de passivité, un syndicalisme qui privilégie les accord au sommet, un syndicalisme qui espère en des organismes para-étatiques comme le Conseil d’Orientation des Retraites, le Haut-Conseil de l’Assurance Maladie et autres Conseils Régionaux Economiques et Sociaux pour défendre les salariés.

Il est temps de renouer avec un syndicalisme où nous ne serons plus des « partenaires sociaux », où nous défendrons les intérêts des salariés « en descendant dans l’arène les premiers et en la quittant que les derniers », un syndicalisme qui respire plus la lutte des classes que l’encaustique des bureaux ministériels ou les petits-fours de l’Université d’été du MEDEF.

Des éléments d’orientation

Nous soumettons une proposition de plate-forme revendicative en douze points qui, selon nous, répondent aux questions de l’heure :

1. Droit aux travail !
2. Interdiction des licenciements !
3. Echelle mobile des heures de travail !
4. Réquisition des entreprises qui licencient !
5. Un vrai salaire pour tous, chômeurs, intérimaires, stagiaires !
6. Echelle mobile des salaires ! Pas de salaires en dessous de 1500€ !
7. Gestion de la Sécu et des ASSEDIC par des élus, représentants des salariés !
8. Gel des loyers !
9. Abrogation de la loi Bachelot ! Abrogation du paquet fiscal !
10. Abrogation de la RGPP et des lois de liquidation de l’Ecole Publique !
11. Non à la privatisation de La Poste ! Un seul et même statut pour tous les postiers !
12. Rupture de la participation aux organismes para-étatiques !

Pour pouvoir obtenir satisfaction, il est nécessaire, tous les salariés le savent, d’opposer comme l’expliquait un salarié de Ford-Blanquefort, à Châtellerault, le 26 juillet « au front commun du patronat et du gouvernement, nous devons opposer le front uni des travailleurs et de leurs organisations ».

Aujourd’hui, la question de l’Unité

Le bilan du G8-Syndical, c’est le découragement des salariés, l’usure des équipes syndicales, le recul social. La voie de l’unité au sommet est fermée. Nous ne pouvons qu’être d’accord avec la déclaration de l’UD75 qui préconise sa construction à la base, par des AG au plus près des salariés, dans les boîtes, par branche, dans les localités.

C’est la seule voie aujourd’hui qui permettra la reconstruction de l’unité des travailleurs, de tous les salariés contre le MEDEF et le gouvernement.

Un gouvernement de guerre sociale

Le camarade Mailly expliquait au lendemain de l’élection du Président de la République, que tout était possible avec Sarkosy. Le pire comme le meilleur. Le bilan, un peu plus de deux ans après, c’est que ce qui a été possible, c’est le pire, pour les fonctionnaires et pour les salariés du privé. Pas besoin d’une longue énumération : RGPP, loi sur le dialogue social, licenciement à l’amiable, cadeaux aux banquiers et patrons, les suicides à France Télécom, etc…

Il n’est pas possible de continuer comme avant. Aller à l’Elysée parce qu’il vous convoque pour voir comme faire passer les réformes qu’exige sa classe, celle des banquiers et des gros industriels. Ce ne doit pas être l’attitude d’un syndicat indépendant comme le nôtre.

Nous ne sommes pas des « partenaires sociaux »

Tous les jours, dans l’industrie, des milliers de licenciements. Dans la Fonction Publique, c’est la désintégration des statuts, l’aggravation des conditions de travail, la dégradation des services rendus. Nous ne devons pas être les « partenaires sociaux » de la barbarie.

Nous devons quitter immédiatement le Conseil d’Orientation des Retraites, le haut-Conseil pour l’Assurance Maladie et tous les autres organismes para﷓étatiques. Notre Conseil Syndical doit se prononcer pour une marche nationale à Paris, tous ensemble, pour l’interdiction des licenciements.

Notre Conseil Syndical doit se prononcer dès maintenant contre le projet de budget et appeler toutes les organisations ouvrières, toutes et tous les salariés à un gigantesque manifestation à Paris contre le Budget.

Les grands ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ! Debout camarades, debout !

Intervention de Denis Rivier le 28 septembre lors du Conseil Syndical de l’UD de la Loire de la CGT-Force Ouvrière.


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