Des militants Force Ouvrière de la Loire

Ecoutons plutôt ceux qui pâtissent de la situation sociale

mardi 18 mai 2010 par Denis RIVIER

Union Locale FORCE OUVRIERE de LA TALAUDIERE et ses environs

16 bis rue de La Chazotte 42350 La Talaudière tél/fax : 04.77.53.07.88 / 04.77.43.02.90 Permanences tous les mardis de 17h30 à 19h00

Lettre ouverte adressée à J.Claude MAILLY, secrétaire général de la Confédération CGT-FO.

Déclaration faite à la Commission Exécutive de l’UD de la Loire le 17 mai 2010.

Mes chers camarades,

Au sein de notre Union Locale, au cours de ses réunions, de ses permanences, nous avons des débats animés, des discussions, des critiques sur les initiatives prises par la Confédération et la CE de l’UD non seulement sur le dossier des retraites mais aussi sur les sujets brûlants de l’actualité sociale. Et les sujets, ils ne manquent pas.

Je voudrai exprimer, ici, le ressenti des camarades.

Enfin, pourrions-nous dire, le 15 juin 2010, notre Confédération prend ses responsabilités pour s’opposer à la contre réforme des retraites.

À cet égard, peut-on considérer qu’il s’agit réellement d’une « initiative » ou plutôt de se donner bonne conscience ? Comme pour la méthode CGT, la Confédération décide d’une date et demande ensuite aux autres OS de se rallier à elle alors que nous avons toujours refusé leurs invitations ! C’était voué à l’échec et la Confédération et le CCN le savaient.

- Combien de fois avons-nous dénoncé les méthodes de la CGT qui décidait d’une journée d’action et nous demandait de venir la rejoindre.

- Combien de fois, on nous a rabâché que les journées dites saute-mouton ou à ricochet ne servaient à rien sinon qu’à démobiliser les salariés.

On ne veut pas se mêler aux autres O.S qui ne partagent pas nos revendications. Soit, nous en sommes conscients. Mais quelle action concrète, quelle mobilisation nous a proposé la Confédération en retour ? La journée de grève générale interprofessionnelle, nous l’attendons depuis que Marc BLONDEL l’avait proposée à Marseille en 2000.

Est-ce des tracts confédéraux (ont-ils d’ailleurs été distribués), des interviews télévisées, radiodiffusées et ceci lorsque les salariés sont au boulots qui auraient pu faire plier le Gouvernement ! Ce n’est pas respecter les militants et les salariés.

Nous en avons assez des guéguerres entre Confédérations du genre « tu ne m’as pas invité, si, mais t’as pas voulu venir » etc., etc. On peut se poser une question : Nos responsables sont-ils encore des « salariés » pour gérer la Confédération, sont-ils souvent sur le terrain ? Ont-ils les remontées du terrain ? Si oui, ils sont alors sourds et aveugles !

Dans les entreprises les salariés ont peur, peur de perdre leur emploi, peur de ne plus pouvoir boucler leur fin de mois, peur d’être muter et perdre leurs biens, etc.

Ils sont blasés de toutes ces querelles de boutiques. Ils ne comprennent pas. Pire, les organisations syndicales en perdent toute crédibilité et particulièrement FO qui fait cavalier seul.

Sur le dossier des retraites, les revendications Force Ouvrière sont justes : La retraite à taux plein à 60 ans, 40 annuités pour prendre sa retraite, abolir le calcul des 25 meilleurs années, maintien des critères des retraites de la fonction public : Oui, nous sommes preneurs et défenseurs de ces revendications.

Il faut dire que depuis quelques années, nous avons fait de sacrées concessions sur les retraites. Les 37,5 ans pour tous, il y a longtemps qu’ils sont passés à la trappe et sans compensation. Bien au contraire et je n’entrerai pas dans les détails qui font que les salariés doivent travailler plus pour gagner moins.

A ce stade des discussions et de ses propositions, devons-nous rester dans le COR ?

Les visites médiatisées des responsables confédéraux à l’Elysée sont pour les militants et les salariés synonymes de « copinage » avec le Gouvernement. Le prétendu dialogue social n’existe pas. Nous ne devons plus nous fourvoyer tant avec le Patronat qu’avec le Gouvernement.

Ecoutons plutôt ceux qui pâtissent de la situation sociale et protégeons nos enfants pour leur avenir.

Avant de passer à la journée du 15 juin, un mot sur le 1er MAI international.

Nous sommes allés nous enterrer aux Brûlés à La Ricamarie. 100 personnes présentes pour le syndicat, 60 pour la police ! Peu importe.

Bien des syndicats ne comprennent pas pourquoi FO est allé s’isoler à La Ricamarie.

Au conseil syndical extraordinaire, nous avions proposé de manifester en ville pour être visibles et distribuer des tracts comme le préconisait la Confédération. Qu’est-ce qui nous a empêchés de défiler en fin de cortège avec notre banderole et nos revendications ? Avons-nous honte de nos positions ?

N’avons-nous pas déjà manifesté avec les autres avec nos propres mots d’ordre ?

Nos adhérents commencent à se poser des questions et nous sentons que sur cette question de la réforme des retraites, il y a une forte demande d’unité syndicale.

A ma connaissance, la presse locale n’a pas fait écho de notre rassemblement et nous avons encore été les grands absents de cette journée pour ceux qui étaient présents à la manif ou sur les trottoirs de la ville.

Le 27 Mai, nouvelle journée de mobilisations.

FO n’est pas partie prenante pour les même motifs confédéraux sauf que les salariés sont de plus en plus spoliés, dépouillés, que la situation sociale devient de plus en plus difficile et encore une fois les salariés se poseront la question : Pourquoi FO ne veut pas nous défendre ? Comme pour le 1er Mai, ne soyez pas surpris d’y voir présents des adhérents, des sympathisants et même des sections syndicales qui ne se poseront pas de questions pour y participer.

Concernant, le 15 juin, l’UL prend acte de cette initiative de la Confédération.

Nos syndicats, nos militants décideront dans leurs instances des suites à y donner.

Le 27 mai, ce sont les autres O.S sans FO, le 15 juin FO sans les autres O.S !

Croyez-vous que les salariés, les militants ne vont pas se poser à nouveau des questions ? Allons-nous défendre nos retraites de cette façon ?

Les dés sont jetés et l’enterrement de 1ère classe presque achevé. Pourquoi avoir attendu la dernière limite sachant qu’il sera impossible de remobiliser à l’approche des congés.

Cette décision du CCN et la position d’isolement de FO ne constituent-elles pas des erreurs stratégiques majeures ?

Ceux qui interviennent directement ou indirectement dans la stratégie de la Confédération à des fins politiques ou autres portent une lourde responsabilité sur son isolement voir son déclin.

L’organisation de cette manifestation à PARIS va demander beaucoup de moyens financiers, de mobilisation de nos adhérents.

Déjà des questions nous ont été posées :

Combien ça coûte (car, TGV) ? Qui paie ? Quelle participation de l’UD, de la Conf ? Un gréviste qui a perdu sa journée de travail devra-t-il participer aux frais de transport ?

Nous doutons sur une participation financière des syndicats qui éprouvent déjà des difficultés pour leur fonctionnement.

Voilà, mes chers camarades, ce que je tenais à dire sur le ressenti de nos militants de divers syndicats et des salariés que nous rencontrons à l’UL ou à l’occasion de visites lors des protocoles pré électoraux.

Pour l’Union Locale,

Le secrétaire, Jack PERRET

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