Des militants Force Ouvrière de la Loire

Jabil-Brest : le feuilleton

mardi 8 mars 2011 par Denis RIVIER

Le 22 février 2011

Jabil reprend Brest, Gallargues et les usines italiennes vendues en juillet dernier à Mercatech

Devant les protestations ayant fait suite aux infractions constatées au moment de la cession et après celle-ci, Jabil a fait machine arrière. Didier Girault, ElectroniqueS, le 22/2/2011 à 12h51

Jabil vient d’annoncer qu’il rachète à Mercatech les usines françaises et italiennes vendues à ce dernier en juillet 2010, c’est-à-dire les sites de Brest, Gallargues, Cassina de Pecchi et Marcianise. "C’est un énorme soulagement pour tous les salariés", indique Serge Roudaut, délégué syndical FO de Competence Brest.

L’opération de juillet avait eu des conséquences désastreuses pour les usines en question (rebaptisées Competence). Le fonds américain d’investissement Mercatech avait emprunté l’argent (12,5 M$) du fonds de roulement des sites et n’avait pas mis sur pied le programme de diversification en fabrication de tuiles solaires, prévu lors de la cession. Du fait des ponctions de Mercatech, les ex usines Jabil ne pouvaient plus régler leurs fournisseurs et leur charge de travail avait décliné. D’autant plus que certains clients, parmi lesquels Alcatel et IBM – le principal donneur d’ordres de Gallargues -, avaient fortement diminué leurs commandes en fin d’année 2010.

En France, fin janvier dernier, le conciliateur judiciaire nommé pour statuer sur le différend opposant les entreprises de Brest et Gallargues à leur repreneur (Mercatech) et à leur ancien propriétaire (Jabil) avait d’ailleurs indiqué que sans éléments concrets, les deux usines françaises seraient placées en cessation de paiement et que des procédures pénales seraient alors engagées contre Jabil et Mercatech pour récupérer les sommes dues à Competence France. En Italie, une audience était prévue demain, 23 février, auprès du tribunal des faillites ; à l’issue de celle-ci, selon toute vraisemblance, Competence Italie aurait été placée en redressement judiciaire.

Compétence (ex-Jabil) : à Brest, leur nouvel actionnaire est un fantôme

Au bord de la faillite, l’usine Competence (ex-Jabil) ne compte plus que 192 salariés. Ils étaient mille il y a dix ans. Son activité : l’assemblage de centraux téléphoniques pour Alcatel.

Des salariés qui demandent « une fermeture digne et propre » de leur usine, ce n’est pas courant. À Brest, les « Competence » en ont assez de la dégringolade de l’électronique, qui les mène depuis dix ans de rachats en plans sociaux. Le clou de leur mésaventure se joue depuis cinq mois.

En juillet, leur usine, ex-Jabil, ex-Alcatel, ex-Ericsson, a été cédée à un fonds d’investissement américain : Mercatech. Elle s’appelle désormais Competence. Les investissements promis ne sont pas arrivés. Une bonne partie des 70 millions d’euros laissés par Jabil (groupe américain de 85 000 salariés) ont été engloutis.

Mercatech est suspecté d’avoir détourné 11 millions d’euros prêtés par Jabil. Les comptes sont dans le rouge. Le déficit est de 6 millions d’euros. C’est l’ex-actionnaire unique Jabil qui, via une filiale autrichienne, paie les factures, sous réserve d’être remboursé.

Silence radio

Les salariés sont en grève depuis huit jours. Sylvain Gros, président de Competence France, dit ne pas avoir de nouvelles de son actionnaire unique, qui joue au fantôme. Silence radio. Mercatech est un fonds qui laisse peu de traces. Son site Internet a été rayé de la toile en février. Son siège est en Floride. Ses dirigeants, Stefano Cevolo et Cari Masi, sont mieux connus avec leur société Mercatus (bureaux à Londres et Rome).

Leur spécialité ? L’injection de fonds et l’arrangement de financements par subventions pour des petites et moyennes entreprises. D’où, peut-être, cet intérêt soudain pour le solaire potentiellement aidé, surtout en Italie. Cette année, Mercatech a racheté deux sites Jabil en Italie (1 200 salariés). En grève ces derniers jours.

En 2000, avec plus de 1 000 salariés, Alcatel était le premier employeur privé, à Brest. À l’époque, le PDG, Serge Tchuruk, rêvait d’« entreprise sans usine ». C’est presque fait ! L’essentiel de la production a été délocalisé en Chine et en Europe de l’Est.

Reste, à Brest, l’assemblage des centraux téléphoniques pour Alcatel, qui pèse encore 85 % du chiffre d’affaires. Au bord de la faillite, l’usine ne compte plus que 192 salariés, complètement déboussolés par le jeu mondial des rachats et des transferts opaques d’argent.

mardi 14 décembre : Ce matin, à une large majorité, les salariés de Compétence (ex-Jabil) ont voté la reprise du travail. Sur 173 inscrits, 137 ont pris part au vote. Et 122 se sont prononcés pour la fin de la grève qui durait depuis huit jours. La fin de la grève intervient à la veille d’une réunion avec le président de Compétence France Holding SAS à Brest, concernant la procédure de conciliation mise en place par le tribunal pour une entreprise confrontée à des problèmes de trésorerie très importants. (source Ouest-France)

des informations dans Ouest-France

  • 2 décembre : [Des mystérieux mouvements de fonds->http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Ex-Jabil-de-mysterieux-transferts-de-fonds-_40843-1607196

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