Des militants Force Ouvrière de la Loire

Fallait-il signer l’accord sur les retraites complémentaires ?

lundi 11 avril 2011 par Denis RIVIER

Fallait-il signer l’accord sur les retraites complémentaires ?

Ou

Quelques réflexions sur un édito de Jean-Claude Mailly...

Avant de justifier sa signature, notre Secrétaire Général pose d’abord quelques gardes-fous : la signature de cet accord ne signifie pas que nous acceptions la réforme Sarkozy des retraites. Et il reste encore des combats à mener, notamment le combat contre la retraite par points (qui est au menu des prochaines réunion du Comité d’Orientation des Retraites (COR) et dont nous sommes membres). Néanmoins, cet accord s’inscrit dans la déclinaison pour les retraites complémentaires de la loi d’octobre-novembre 2010 contre les retraités.

Notre confédération avance plusieurs éléments pour justifier sa signature. Le premier, et à l’aune duquel il faut mesurer le résultat, c’est qu’il « fallait garantir et améliorer les droits des retraités actuels et à venir ».

D’où la déclinaison de plusieurs points :

  • La mensualisation des retraites à compter du 31 janvier 2014.
  • Une amélioration des majoration par enfant.
  • Le maintien de l’AGFF jusqu’en 2018.
  • Une stabilisation du taux de rendement

La mensualisation des retraites à compter du 31 janvier 2014. Sur cette disposition, il n’y a pas grand chose à redire, si ce n’est qu’elle aurait du être anticipée plus tôt.

Une amélioration des majoration par enfant. Cela ressemble à un mieux, mais il n’est rien prévu pour les personnes dont la retraite a déjà été liquidée. C’est 10% de majoration, limitée à 1000e.

Le maintien de l’AGFF jusqu’en 2018. L’AGFF, c’est l’Association pour le gestion des Fonds de Financements de l’ARCO et l’AGIRC. Ce fut une invention du CNPF en 1983 lors de la mise en place de la retraite à 60 ans. Le patronat n’ayant jamais admis la possibilité donnée à un salarié de pouvoir partir avant 65 ans dès qu’il avait le nombre de trimestre nécessaire pour disposer d’une retraite complète.

Ces dernières années, la reconduction de l’AGFF ne s’était faite que pour des périodes courtes. La perspective du maintien jusqu’en 2018 semble rassurante. Néanmoins, elle est toujours l’expression pour le patronat de sa volonté de faire travailler les salariés jusqu’à épuisement, 67 ans plutôt que 62.

Une stabilisation du taux de rendement

Là se pose réellement une série de problèmes :

  • dans les revendications des salariés et des retraites, il y a depuis longtemps la question de l’indexation des retraites sur la hausse du salaire moyen. Dans cet accord, il est spécifié :

« Le salaire de référence servant au calcul et à l’inscription du nombre de points des participants des régimes Agirc et Arrco sera fixé, au titre de l’exercice 2011, en fonction de l’évolution du salaire moyen Agirc‐Arrco constaté au cours de cet exercice, et, à compter de l’exercice 2012 et jusqu’à l’exercice 2015 inclus, en fonction de l’évolution du salaire moyen Agirc‐Arrco constaté au cours de chaque exercice moins 1,5 point sans pouvoir être inférieur à l’évolution moyenne annuelle des prix hors tabac. »

Cela veut dire qu’il est explicitement fait référence à une non-prise en charge de l’augmentation des salaires, ce qui implique, année après année, un appauvrissement réel des retraités.

  • Une baisse important du rendement de l’AGIRC.

Voir pour ce faire, l’article 5 de l’accord, avec pour l’AGIRC, revalorisation en 2011 de 0,41% au 1er avril.

Il est expliqué que « nous avons également évité une remise en cause des pensions de réversion ainsi que la mise en œuvre d’une réflexion vers un régime unique ». On a peut-être évité une réflexion, mais l’alignement en cours des deux régimes constitue de fait la mise en place d’un régime unique, sauf peut‑être pour les « gestionnaires » de ce régime.

Fallait-il signer ?

Pour moi, non. D’autant plus que cela est interprété par la presse comme une rupture avec l’orientation de FO de ces derniers temps. Le « pragmatisme » dont se réclame la direction de notre Confédération a quand même eu comme tendance à la faire un peu loucher du côté du patronat. Que l’on se souvienne de l’accord calamiteux sur la «  modernisation du marché du travail ».

Denis Rivier, secrétaire du syndicat CGT-FO des Métaux de Saint Etienne

Cet article en .pdf

PDF - 100.9 ko
Sur l’accord ARCO-Agirc

Sur le site des Echos un article sur cette signature

- La position du MEDEF.

Note pour ceux que le mot paradigme effraie : cela ne rien dire de plus qu’un changement de règles, un peu comme une conjugaison en grammaire ou dans certaines langues, une nouvelle déclinaison. Le changement annoncé par Laurence Parisot, c’est que pour la première fois est inscrit une baisse des cotisations et le MEdEF veut généraliser ceci à toutes les cotisations sociales. Elle confirme que cet accord s’inscrit dans la la réforme des retraites.

L’accord Agirc-Arrco 2011 marque un changement de paradigme

Les partenaires sociaux ont démontré une nouvelle fois leur capacité à la construction sociale. Avec cet accord historique, les partenaires sociaux ont su redonner aux régimes de retraites complémentaires une viabilité à long terme, en préservant les éléments fondamentaux garantissant aux salariés un niveau de retraite équitable. En évitant une hausse de cotisations, cet accord préserve à la fois le pouvoir d’achat des salariés et la compétitivité des entreprises.

Laurence Parisot, Présidente du Medef, a tenu ce matin à saluer « le travail sérieux et approfondi des organisations syndicales et patronales pour arriver à ce résultat qui garantit la consolidation du système de retraites complémentaires français », avant d’ajouter que « depuis des années, inexorablement, nous ne cessons d’augmenter les cotisations sociales, tant celles des salariés que celles des employeurs. Cet accord marque un changement de paradigme ».

Cet accord s’inscrit également dans la droite ligne de la réforme des retraites du régime général et du « Pacte pour l’euro » qui préconise très clairement que les régimes de retraites doivent évoluer en fonction de l’évolution démographique et donc de l’espérance de vie. Le recul des deux bornes d’âges, respectivement à 62 et 67 ans, est aujourd’hui entériné par le dialogue social.

Pour Jean-François Pilliard, Président de la commission Protection sociale du Medef et chef de file de la délégation patronale, « cet accord fait la démonstration que, dans un contexte de difficultés financières dans lequel les régimes de retraites complémentaires sont placés, nous pouvons avoir confiance dans la gestion paritaire des partenaires sociaux. Ils font aujourd’hui la démonstration de leur capacité à retourner la tendance qui, jusqu’à maintenant, était défavorable aux retraités des régimes de retraites complémentaires ».


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 966921

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Actualité  Suivre la vie du site Archives 2011   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2d + ALTERNATIVES

Creative Commons License