Des militants Force Ouvrière de la Loire

1er Mai : les salaires à la une des revendications

samedi 2 mai 2015 par Denis RIVIER

La question du pouvoir d’achat est socialement essentielle parce qu’elle répond à un besoin. Aujourd’hui, les négociations salariales sont difficiles, qui plus est en période d’inflation nulle et l’accent mis sur la réduction du coût du travail accentue la difficulté. Par ailleurs, les écarts en termes d’inégalités s’accroissent.

Or voir son pouvoir d’achat progresser, c’est consommer plus et soutenir l’activité, donc l’emploi.

Quand beaucoup d’entreprises constatent un problème de demande, y répondre par l’augmentation des salaires est donc, là aussi, une nécessité.

Il n’y a donc aucun complexe à avoir d’être parfois catalogué comme le syndicat de la feuille de paye. C’est dans cet esprit également que nous demandons que dans les branches où au moins un minimum conventionnel est inférieur au Smic, les exonérations de cotisations patronales soient calculées sur ce minimum et non sur le Smic. Ce qui devrait rebooster les négociations salariales de branche, dont dépendent souvent les primes d’ancienneté.

Dans ces conditions, que penser des dernières annonces des pouvoirs publics ?

La fusion RSA-Prime pour l’emploi (PPE) avec la création de la prime d’activité fera des gagnants qui l’apprécieront. Mais elle risque aussi de faire des perdants et, comme la PPE, elle présente aussi l’inconvénient d’être un encouragement à ne pas augmenter les salaires, l’employeur disant au salarié : « Si je t’augmente, tu vas perdre ta prime » !

Quant à l’annonce pour les entreprises de moins de onze salariés qu’elles ne paieront plus rien pour un apprenti pendant un an, l’État prenant tout en charge, on invente ainsi l’apprenti temporairement gratuit.

Ceux qui, depuis des dizaines d’années, se plaignent de l’État providence se taisent aujourd’hui car si la formule a un sens, c’est bien pour les entreprises. Rappelons que le montant annuel des aides fiscales et sociales s’est élevé à 110 milliards d’euros en 2013 et qu’il y a urgence à remettre tout cela à plat. En la matière, il y a du grain à moudre !

Alors le 1er mai 2015, les salaires seront à la une des revendications.

Quelques remarques sur l’édito de Jean-Claude Mailly

Je pense qu’il est malvenu de ne pas faire de la lutte contre le chômage le principal axe de notre syndicat. 3 500 000 chômeurs "à plein temps" minimum, 10.1% selon les chiffres de l’Union Européenne, un chômage des jeunes, des seniors qui bat tous les records. De plus une réduction drastique du chômage donnera des marges de manœuvres dans les négociations salariales. La crainte du chômage de longue durée est un puissant frein à toute action syndicale. Il suffit d’avoir vécu une fois l’annonce d’un plan social.

Lutter contre le chômage, c’est lutter pour la dignité de tous et seulement ceux qui ont une "Rolex". Lutter contre le chômage, c’est aussi lutter contre l’arrogance des patrons, des "tauliers", des énarques. Un tel combat est forcément un combat contre le gouvernement, contre toutes ces institutions de "bien placés" qui nous écrasent.

Alors il faut réagir :


- retour à la retraite à 60 ans
- réduction massive du temps de travail à 32 heures, voire 30 heures
- interdiction des licenciements

Loin de moi de penser que la question des salaires est accessoire. avec les salaires bloqués dans la Fonction Publique depuis des années, avec dans les entreprises, du gel "au nom de la compétitivité " ou des augmentations microscopiques. Ou encore les retraites bloquées.

Le MEDEF hurle à la baisse du coût du travail, le gouvernement l’encourage. Alors soyons réalistes, il faut s’affronter avec le MEDEF, avec le gouvernement pour que les jeunes, les seniors aient du "taf", correctement payé.

En 1906, la Charte d’Amiens expliquait : " La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat" et plus loin :

"Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme ; il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera dans l’avenir le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale ; "

Il ne s’agit pas de n’être que le "syndicat de la feuille de paye", il s’agit aussi d’être le syndicat de l’abolition du salariat et du patronat.

Denis

Si vous souhaitez réagir à cet article ou à d’autres, il suffit d’écrire à fo.mto.stet@gmail.com Je n’utilise plus ni forums, ni pétitions, des personnes les utilisent pour faire de la pub pour des organismes divers ou simplement pour encombrer les forums de propos que je n’ose qualifier.

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